Maggy DE COSTER

31 août 2008

BIOGRAPHIE

Française d’origine haïtienne, journaliste de formation, détentrice d’un DEA de Sociologie du Droit et Relations sociales, membre de l’Association des Femmes Journalistes (AFJ), traductrice, Maggy De Coster a travaillé dans différents périodiques en France et à l’étranger. Elle dirige « Le Manoir des Poètes », une revue semestrielle à vocation poétique, culturelle et littéraire. Elle est également membre de la Société des Gens de Lettres, du PEN Club français, Sociétaire et membre du Comité directeur de La Société des Poètes Français où elle organise une rencontre littéraire mensuelle baptisée « Au rendez-vous des lecteurs », après avoir été rédactrice en chef de l’Agora de 2004 à 2006. Elle donne des conférences littéraires, organise des ateliers de poésie et de conte en primaire et au collège. Elle est membre de différents jurys de concours de poésie en France et en Italie. Elle a plusieurs publications à son actif : poésie, roman, essais sur la presse, autobiographie, contes, nouvelles, et a obtenu plusieurs distinctions honorables en France et en Italie. Ses poèmes sont traduits en espagnol, en italien, en catalan, en anglais et en arabe. Elle verse actuellement dans la pédagogie journalistique et le journalisme culturel.


107

Mille et une pages d’un livre

Lovées dans la dentelle du jour

S’offrent à mes yeux

Dans la brume hivernale


116

Quand brûlent les forêts en été

Il est des pages de livres

Qu’on découvre carbonisées

Sur le sol tourmenté

Emportées par le vent

D’autres se retrouvent

Gisant sur les troncs des arbres

Ou sur les crêtes des montagnes pelées


101

Le sort de certains livres

Ressemble à celui de certains arbres

Qu’on débite pour alimenter

Des feux de cheminée

Ils sont là impavides

Attendant le coup de grâce

 


106

Le livre de l’innocence

Est celui qu’on lit

Face à une mer étale

A la brune du soir

Les oiseaux ont fait trêve de vols

Laissant planer le silence

Sous un ciel crépusculaire

Unique témoin d’une présence enfantine


140

Il est des contes et légendes

Qu’on rêve de réécrire

Pour les inclure dans l’album

De notre présent

Tel un rêve merveilleux

Qu’on  aimerait prolonger à jamais

Ou un livre qu’on aimerait relire

Pour voir si notre jugement a évolué


138

Bas les armes !

Haut les livres !

Salves d’amour

Trêve de guerre

Et se taisent les armes

Et résonnent les chants de paix

Exhumés des livres retrouvés


108

Quand l’océan me berce

Et m’enchante de ses phrasés

A rompre les fibres de la réalité

Je rêve d’une petite fée

Qui m’insuffle le don d’écrire

Des livres sur fond de paix et d’amour


105

Partir à travers champs

Avec un livre pour boussole

Noble guide de l’esprit

Qui vous épargne de l’ennui

Il vous apporte l’or invisible

De la pensée

Et vous comble du charme

Saisissant de la beauté des mots

Et expressions choisis avec tact et justesse

Et vous imprègne de l’éternel souffle

De l’imaginaire


38

Même abandonné à la force des eaux

Le livre tente de survivre

Au pied d’un arbre

En offrant son titre

Aux regards des passants

Sans destination fixe


118

Quand tout disparaît dans le ventre du fleuve

Restent encore présents quelques objets inanimés

Auxquels s’ajoutent des livres qui comptent

Plus que pour des prunes


126

Aux branches de l’arbre suspendue

La cage de l’espoir abrite un livre

Qu’on dirait interdit ou menacé

De destruction

Bibliothèque ou cage

Rien de tel qu’un asile sûr

Pour abriter un été durant

La vie d’un livre en danger


112

Les yeux rivés sur la page d’un livre

Par le temps naufragé

Le chercheur d’eau égrène

Sa complainte journalière

Aucun espoir de rattraper

Les pensées qui se dissolvent

Dans l’odyssée de l’onde

Ô livre que le vent entraîne

Dans sa furie

Sur les versants de l’oubli

Puisses-tu renaître sous la plume

D’un écrivain de ce siècle !

 


109

Par amour pour les livres

J’irai contre vents et marées

Repêcher ceux que le temps

A noyés dans les Chutes du Niagara


128

Rien qu’un rai de lumière

Sur les pages d’un livre

Ouvert

Sur le passage de l’espoir

Quand se dessine l’ombre

De la guerre


125

Un bateau au fil de l’eau

Une romance écrite

Sur une page échappée d’un livre

Qui vogue sur un fleuve tranquille

Une éclaircie qui révèle

La couleur de l’arc-en-ciel en hiver

Une végétation sertie de perles de rosée

Au soleil levant

Autant de prédictions cachées

Dans le livre du jour


130

Les pliures des pages de mon livre

Sont pareilles à des vagues

De pluies inattendues

Qui surprennent les voyageurs

Des pays inconnus


61

Fin de règne

Règne sans fin

Fin d’histoire

Histoire de vie

Vie d’amour

Amour des livres

                     Livres pour tous

Tous ensemble pleurent

La fin d’un livre

 

44

Comme on égrène son chapelet

L’artiste égrène ses notes

Comme des envolées d’adieux

Lors d’un funeste départ

Nulle place pour la joie cupide

La coupe de tristesse est déjà pleine

Viendra peut-être le temps des réminiscences


54

Sur un chemin détrempé

Reposent pêle-mêle

Un livre et des chaussures

Telles les reliques d’un piéton

Emporté par une pluie diluvienne

Véritables notes de désolation

Qui émarge dans le décor du paysage



Posté par gard974 à 08:04